Catégories
Vintages

Eddy Merckx : retour sur la carrière du Cannibale

S’il y a bien un nom que tout le monde connaît dans le cyclisme, c’est celui d’Eddy Merckx. Même les profanes ont déjà entendu parler de la légende du cyclisme belge qui a marqué l’histoire du cyclisme mondiale en moins de vingt ans de carrière. Un sportif hors du commun au palmarès toujours inégalé quarante ans après sa retraite. Alors que la légende vient de fêter ses 75 ans, retour sur sa carrière hors du commun. Voici donc comment Eddy Merckx et son légendaire maillot Molteni sont entrés dans l’Histoire.

Un coureur talentueux et précoce

Comme beaucoup de futurs sportifs de haut niveau, le jeune Belge Eddy Merckx a montré très tôt d’importantes dispositions. Pourtant, le cyclisme n’était pas son premier choix et il a plus souvent joué au football au cours de son adolescence. Néanmoins, beaucoup de ses compatriotes brillaient alors dans les courses de vélo du monde entier. Le cyclisme était extrêmement populaire et Eddy Merckx a fini par s’y intéresser.

Néanmoins, il commence le cyclisme très tôt et dispute ses premières courses en 1961, alors seulement âgé de 16 ans. Il montre vite un certain talent et s’entoure d’anciennes gloires du cyclisme et de coureurs professionnels. En 1964, il n’a pas encore 20 ans qu’il remporte son premier titre de champion du monde, mais dans la catégorie amateur.

L’année suivante, il devient coureur professionnel. Cependant, 1965 sera une année pénible et Eddy Merckx ne parviendra pas à s’imposer. Il faudra attendre 1966 pour que sa carrière décolle.

Première victoire à Milan-San Remo : sa carrière est lancée

Les débuts de la carrière professionnelle d’Eddy Merckx ont été pénibles, mais très courts. Dès 1966, il remporte sa première victoire décisive. En remportant le Milan-San Remo, l’une des courses les plus prestigieuses du monde, il attire tous les regards sur lui. Cette course italienne est considérée comme l’un des cinq monuments du cyclisme et c’est un jeune inconnu belge qui vient de la voler !

Avec le recul, tous les spécialistes et les passionnés de cyclisme s’accordent sur un point : la victoire de Merckx sur la course Milan-San Remo n’est pas seulement une prestation physique hors du commun. C’est surtout le point de départ de toute la carrière du cannibale. Cette victoire lui a donné accès aux meilleures équipes et aux meilleurs matériels, lui permettant de révéler entièrement son immense potentiel.

333 victoires en seulement 10 ans !

À partir de ce moment-là, Eddy Merckx devient absolument inarrêtable. En 1967, il remporte son premier titre mondial (professionnel cette fois-ci). La même année, il remporte la célèbre course Paris-Roubaix, mais il est surtout le vainqueur du légendaire Tour d’Italie, aussi appelé le Giro.

L’année 1968 est plus calme, mais elle offre tout de même à Eddy Merckx sa première victoire sur le Tour de France. Puis, en 1969, il remporte la course Liège-Bastogne-Liège, l’une des plus importantes de son pays d’origine, la Belgique. Surtout, il remporte la même année le Super Prestique Pernod, c’est-à-dire le classement par points du meilleur coureur de l’année en fonction de ses prestations sur une vingtaine de courses internationales prestigieuses.

La carrière d’Eddy Merckx aura été relativement courte et brillante. Au total, il aura remporté 333 victoires sur des courses d’importances. Or, la quasi-totalité de ce palmarès aura été réalisée entre 1966 et 1976. Dans le détail, il a remporté 11 Grands Tours (plus 65 victoires d’étapes), 19 maillots différents, 19 monuments du cyclisme (c’est-à-dire les cinq classiques de la discipline), 7 Super Prestige Pernod et 3 titres de champion du monde.

La domination du cannibale laisse peu de place aux autres

Avec un tel palmarès sur une si courte période, il est évident qu’Eddy Merckx laissa peu de place à la concurrence tout au long des années 60 et 70. Résultat, une génération entière de cyclistes extrêmement talentueux et très appréciés du grand public n’a jamais pu constituer un palmarès de victoires satisfaisant.

En France, les amateurs de cyclisme se souviennent tous du légendaire Raymond Poulidor. Coureur de génie, il a pourtant obtenu le surnom d’« éternel second ». Malgré des performances admirables et un palmarès hors du commun, il n’a jamais réussi à vaincre Eddy Merckx. Résultat, il s’est contenté de la seconde place tout au long de sa carrière. Ainsi, il n’a jamais pu remporter le Tour de France et n’a remporté qu’un Tour d’Espagne deux ans avant le début de la carrière de Merckx.

Néanmoins, il faut prendre la peine de rétablir la vérité sur la gloire de Raymond Poulidor. Avec 181 victoires (tous types confondus) sur sa carrière, il n’est pas l’éternel second que l’on en a fait. En revanche, sa légende s’est bâti notamment au contact de Merckx qu’il était le seul à réussir à suivre lorsque celui-ci était au sommet de sa forme.

Pourquoi Eddy Merckx est-il surnommé « Le Cannibale » ?

Lorsque l’on regarde l’impressionnant palmarès d’Eddy Merckx et que l’on constate combien sa carrière aura écrasé celle des autres, on comprend bien d’où lui vient son surnom de « Cannibale ». Pendant dix ans, il a dominé le monde du cyclisme et a dévoré tous les classements comme aucun autre coureur avant lui n’avait su le faire.

Pourtant, le surnom du Cannibale ne tient pas tant à son palmarès, mais à la manière dont il est parvenu à le construire. Effectivement, le style d’Eddy Merckx a profondément marqué le monde du cyclisme est offert aux amateurs des heures de spectacle hors du commun. Merckx s’est imposé sur tous les types de courses et de terrains possibles, de la montagne à la plaine en passant par le contre la montre.

Surtout, Merckx était un coureur extrêmement physique au style brutal et écrasant. Il a remporté son premier Tour de France avec 18 minutes d’avance sur le second, ne ménageant pas ses efforts, même quand il aurait pu se le permettre. Souvent, le Cannibale parvenait à distancer les autres coureurs dès le début de l’épreuve et conservait la distance tout au long de la course dans une démonstration de force hallucinante.

La légende Merckx et le légendaire maillot Molteni

Les amoureux du cyclisme le savent bien, il est impossible de parler d’Eddy Merckx sans parler du légendaire maillot Molteni. En fait, le charcutier italien Ambrogio Molteni a sponsorisé une équipe de cyclistes de 1958 à 1976. Rapidement, l’équipe Molteni est devenue l’une des équipes disposant du plus beau palmarès mondial.

Cependant, c’est vraiment Eddy Merckx qui a permis au maillot Molteni d’entrer dans la légende. À Partir de 1971, le Cannibale rejoint l’équipe et il y restera jusqu’en 1976. En seulement cinq ans, il remportera 4 Tours de France, 3 Tours d’Italie, 4 Liège-Bastogne-Liège, 4 Volk et bien d’autres courses encore. Le maillot Molteni sera rapidement associé aux victoires écrasantes et à la puissance d’Eddy Merckx. Une légende est née !

L’équipe disparaîtra en 1976 et la charcuterie Molteni fermera ses portes en 1986. Les maillots Molteni, que ce soient des originaux ou des reproductions, sont devenus des objets de cultes et de collection dans le milieu du cyclisme. Cependant, la fondation Ambrogio Molteni a été créée en 2019 et les descendants du célèbre charcutier entendent bien reprendre leur place dans le monde du cyclisme. Ainsi, le premier maillot Molteni moderne a été vu au 6 jours de Londres 2019 !

Les exploits d’Eddy Merckx sur le Tour de France

Eddy Merckx a marqué le cyclisme mondial, mais il a tout particulièrement marqué les Français à travers ses différents exploits sur le parcours de la Grande Boucle. En 2019, pour célébrer les 50 ans de sa première victoire sur le Tour de France, le départ de la compétition hexagonal a été donné à Bruxelles. Un honneur symbolique pour un homme qui a durablement marqué l’une des plus grandes compétitions du cyclisme mondial.

Effectivement, Eddy Merckx fait partie des quatre coureurs qui ont remporté cinq fois le Tour de France. Il a également remporté cette compétition quatre fois d’affilée de 1969 à 1972, puis une cinquième fois en 1974. Un exploit déjà réalisé par le français Jacques Antequil, puis battu par l’Espagnol Miguel Indurain qui a remporté le Tour de France cinq fois de 1991 à 1995.

Bien sûr, si Neil Armstrong n’avait pas été destitué de ses sept victoires d’affilée, Eddy Merckx ne serait pas parmi les hommes les plus titrés. Cependant, les exploits de Merckx ont durablement marqué l’Histoire du Tour, notamment pour ses performances individuelles. Rappelons qu’il avait 18 minutes d’avance sur le second lors de sa première victoire. Il s’est à chaque fois imposé avec un tel éclat qu’il est entré dans la mémoire de tous les passionnés de la Grande Boucle.

1975 : Eddy Merckx agace sur la Grande Boucle

La carrière d’Eddy Merckx aura été intense et sa domination écrasante. Une telle situation a évidemment suscité beaucoup d’admiration, mais aussi un certain agacement chez ses concurrents et leurs fans. Une partie du public est lassée par ses victoires à répétition et lui voue une animosité toute particulière et relativement inédite pour un coureur cycliste.

La colère qui gronde contre Merckx et son insolente réussite atteint son apogée en 1975 lors du Tour de France. Alors qu’il est en pleine ascension du Puy-de-Dôme, Merckx reçoit un coup de poing au foie de la part d’un spectateur énervé contre lui.

Il est difficile de connaître exactement la répercussion d’un tel incident sur les performances du coureur, mais il perdra la compétition à deux minutes près cette année-là. Il passe ainsi à côté de sa sixième victoire et donc du titre d’homme le plus couronné de la Grande Boucle.

Une grande carrière sur piste également

Le palmarès extraordinaire d’Eddy Merckx sur route fait souvent oublier qu’il a aussi eu une très grande carrière sur piste et sur anneaux. En moins de dix ans, il a remporté 98 victoires sur anneaux ! Il est rapidement devenu le spécialiste de l’Omnium et des Jours de Londres.

Il s’est également illustré sur piste. La plupart de ces compétitions (anneaux et piste) se déroulaient en duo. Eddy Merckx a pu compter sur un autre grand nom du cyclisme belge : Patrick Sercu. Ensemble, ils ont énormément progressé et une grande partie des exploits de Merckx dépendent probablement de cette rencontre.

Chute et blessure : la fin d’une grande carrière

La carrière de Merckx aura été éclatante, mais elle aura aussi connu une fin difficile. Effectivement, le grand champion réalise des performances de moins en moins éclatantes à partir de l’année 1976. Surtout, c’est à cette période qu’il commence à se blesser à plusieurs reprises. À cela s’ajoutent quelques chutes importantes dont certaines le mènent à l’hôpital.

Le Cannibale décide donc de mettre fin à sa carrière en mai 1978. Il n’a pas encore 33 ans et il a marqué à jamais le monde du cyclisme. Il se retire sans regret et laisse la place à de nouvelles générations de coureurs qui s’identifient souvent à lui, à son style et à ses exploits.

Eddy Merckx et le dopage

Le dopage est une question et un problème récurrents dans le monde du cyclisme. Malheureusement, Eddy Merckx n’a pas échappé à la polémique et il a été plusieurs fois testé positif. La première fois, c’était en 1969 sur le Tour d’Italie. Il dénonce alors un complot des organisateurs, mais il est tout de même exclu de la compétition de cette année.

En 1973, il est à nouveau testé positif sur le Tour de Lombardie. Il est donc exclu de la compétition. Enfin, quelques années plus tard, il est testé positif aux amphétamines. Il clame son innocence et assure ignorer comment ces produits ont pu se retrouver dans son sang. Beaucoup d’autres cyclistes belges ont été testés positifs au même produit cette année-là.

Le spectre du dopage plane donc malgré tout au-dessus de l’extraordinaire carrière de Merckx. Lorsque Lance Armstrong a été destitué de ses sept titres du Tour de France en 2012, Eddy Merckx l’a d’abord soutenu avant de prendre ses distances. Une manière d’éviter d’attirer l’attention sur ses propres victoires selon ses détracteurs.

Que devient Eddy Merckx ?

Le 17 juin 2020, Eddy Merckx a fêté ses 75 ans. Après une chute à vélo en 2019 qui lui avait valu un séjour à l’hôpital, le Cannibale semble en pleine forme. Ses apparitions sur la Grande Boucle en 2019 avaient permis de dissiper certains doutes.

Ces doutes, ils étaient principalement dus à des opérations cardiaques qu’Eddy Merckx avait subies. Effectivement, le cycliste de légende souffre de problèmes au cœur depuis longtemps déjà. Ses problèmes étaient déjà bien connus quand il courait encore et laisse imaginer ce dont il aurait été capable avec un cœur parfaitement fonctionnel.

Après sa retraite, il a multiplié les activités dans le cyclisme, notamment comme sélectionneur de l’équipe belge et manager d’autres sportifs.

Le cyclisme, une passion pour le fils d’Eddy Merckx aussi

Eddy Merckx a inspiré des milliers de cyclistes depuis le début de sa carrière professionnelle il y a 55 ans. Néanmoins, il a surtout inspiré son propre fils, Axel Merckx, à devenir cycliste. Celui-ci ne peut malheureusement pas se vanter d’avoir égalé le palmarès de son père. De 1992 à 2007, Axel Merckx n’a remporté qu’une étape du Tour d’Italie (la 8e de l’édition de l’année 2 000) et a été une fois sacré champion de Belgique en 2000.

Cependant, Axel Merckx est un passionné et un grand connaisseur de vélo. Depuis qu’il a pris sa retraite sportive, il a dirigé plusieurs équipes avec brio.

La marque de cyclisme Eddy Merckx

Il est difficile de conclure un aperçu de l’immense carrière d’Eddy Merckx sans parler de sa marque de vélo. Sa renommée est telle qu’il est l’un des rares coureurs à avoir pu s’offrir une opportunité de ce genre.

La marque Eddy Merckx Cycles ne fabrique que des vélos de professionnels et a bâti une renommée solide en quelques décennies. Elle a équipé de nombreuses équipes professionnelles et les passionnés sont nombreux à s’acheter les vélos du Cannibale pour avaler de l’asphalte.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *